lecture de : Moon Palace de Paul Auster
New York dans les années soixante. Marco Stanley Fogg, étudiant désargenté semble errer à travers sa ville et sa vie comme dans le brouillard (fog en anglais). Alors que, lorsqu'il était jeune, il s'attendait à une grande destinée (dû à son nom qui fait à la fois référence au voyageur Marco Polo, au journaliste et explorateur Henry Morton Stanley et à Phileas Fogg, héros du roman de Jules Verne Le Tour du monde en quatre-vingts jours), il devra vite déchanter. En effet il vit seul dans une sordide chambre, dont la vue donne sur une enseigne lumineuse portant le nom de Moon Palace. MS Fogg mène une vie très solitaire. Il n'a plus de famille. Son oncle, dernier parent vivant, vient de décéder lui léguant sa bibliothèque. L'étudiant va meubler son appartement avec ces livres, mais pour vivre il est obligé de les vendre, petit à petit au fil de ses lectures. Mais le jour où il arrive à bout de cette bibliothèque, il devra déménager. Sans moyens, il n'a d'autre choix que de vivre dans Central Park à errer jusqu'à trouver la bonne voie. Mais cette errance dans la jungle new-yorkaise ressemblera plus à une descente aux enfers. Fogg envisagera même de se suicider. Différentes rencontres vont cependant le sortir de là. Premièrement David Zimmer, un ami à lui qui l'hébergera chez lui. Ensuite un boulot se présentera à lui: il devient assistant de Thomas Effing, un infirme étrange et égocentrique qui va, par ses idées hors du commun, bouleverser la perception du monde de Fogg. Tout cela le mènera à un long voyage qui le conduira jusqu'aux plaines de l'Ouest américain.
Moon Palace : on y retrouve les thèmes chers à Paul AUSTER tels la solitude et la recherche du père (le héros du livre est né de père inconnu), ainsi que le style de narration maintenant bien connu qui fait s'initier son héros en lui faisant rencontrer une multitude de personnages étranges, excentriques et toujours très convaincants. Et cela toujours sur fond new-yorkais. Le récit est raconté à la première personne avec beaucoup de sensibilité et de poésie. Le personnage principal MS Fogg, personnage désenchanté à souhait, las de tout et n'arrivant jamais réellement à se lier à qui que ce soit, est particulièrement réussi. Le lecteur suit le parcours initiatique de MS Fogg mais ne sait jamais si celui-ci finalement aboutira à quoi que ce soit. D'ailleurs ce même point risque d'énerver plus d'un lecteur tant ce personnage est mou et inactif.
Si, comme je l'ai mentionné précédemment, Moon Palace est l'un des romans les plus célèbres de Paul Auster, il n'en est à mon goût cependant pas le meilleur. Il est en effet parfois difficile de s'accrocher dans ce récit finalement sans histoire réelle. Le style Auster qui consiste à imbriquer une multitude d'histoires les unes dans les autres fonctionne mal ici et nuit au récit. Si tout y est pour en faire un bon roman, cela n'a cependant pas réellement réussi. Moon Palace reste toutefois un roman agréable à lire.
Les deux fils sont soutenus par une bobine qui est le temps historique. Powers est passé maître depuis quelques romans dans l'art de faire courir la grande histoire sous la petite. L'ombre en fuite est aussi celle de l'époque qui change : on entend en sourdine le Mur de Berlin s'écrouler. On entend la Guerre en Irak, son début et sa fin télévisée, la modification des positions Est-Ouest, mais tout ceci est sous-jacent comme si la force de la bobine ne suffisait pas complètement à agiter les fils qui la composent. L'Histoire est inventée. Le livre intègre quelques pages qui n'appartiennent ni à Adie, ni à l'otage et qui sont les plus belles du roman. Ce sont elles qui portent le thème général du livre sans parvenir à l'épuiser. Possible qu'une réflexion sur le temps et son caractère relatif soit au cœur de tout ça. Le temps et les hommes. Les hommes et le temps. Lien et dissensions à la fin des années 80. Mais peu importe.
Les précédents romans de Richard Powers (Le temps où nous chantions,
Daniel Quinn est un écrivain de polar qui travaille sous le pseudonyme de William Wilson. Il a perdu sa femme et son enfant, et ne vit plus que en publiant de temps en temps ses romans de policier. Un jour il reçoit un coup de téléphone d'une certaine Virginia Stillman. Celle-ci compose par erreur le numéro de téléphone de Quinn alors qu'elle pensait téléphoner au détective privé Paul Auster. Daniel Quinn, au lieu de raccrocher et pour palier à son désoeuvrement, va sa faire passer pour ce détective et accepter la mission qu'on lui propose. Virginia souhaite qu'il suive le père de son mari, Peter Stillman, qui vient de sortir de prison. Il avait été enfermé pour avoir séquestré son fils pendant plusieurs années durant son plus jeune âge. Elle craint que le père en veuille toujours à son fils, qui porte d'ailleurs le même nom que lui, et qu'il veuille le tuer. Commence alors pour Daniel Quinn une longue filature à travers New-York, la cité de verre dans lequelle les reflets abondent. Mais Peter Stillman déambule dans la ville sans but apparent et ramassant ça et là toutes sortes de détritus sur lesquels il tombe. Daniel Quinn va essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête de Stillman, mais tous ses faits et gestes ne semblent avoir aucune logique. Daniel Quinn se perd de plus en plus, sombrant petit à petit dans la folie.
Nouvelliste d'origine, Tim Lane déplace son talent littéraire vers la BD : avec la puissance graphique d'un Charles Burns, son premier recueil d'histoires courtes sonde le mal-être des parias de l'Amérique, sous le double signe de la Beat Generation et du rock'n'roll. Noir c'est noir...